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Cinémathèques: Pierrot le fou (Jean-Luc Godard, 1965)

06 Gen

Jean-Luc Godard – Pierrot le fou (1965)

Cast: Jean-Paul Belmondo, Anna Karina, Graziella Galvani…

L’odyssée à travers la France de Ferdinand dit Pierrot le Fou et de son amie Marianne, poursuivis par des gangsters à la mine patibulaire…

Solitude, fatigue, ratage, trahison, chagrin, intermittence du coeur, suicide. Le fond est cafardeux. La forme, elle, est affamée, c’est une boulimie prométhéenne d’art et de signes. BD, roman américain, série noire, musique symphonique, twist, chansonnette, peinture espagnole, pop art, lettrisme, architecture, poésie, mode, pub : cinquante ans après Picabia et vingt ans avant le sampling, Godard pratique l’accumulation, le court-circuit, le collage, le recyclage, comme nul autre dans le cinéma.

Il est jeune, dingue amoureux des hanches d’Anna, il est dans l’élan, il fonce vers l’absolu, emprunte, donne énormément. Du Technicolor, de la Côte d’Azur, de l’action, de l’amour, de la haine, en veux-tu, en voilà. Le cinéma ? De l’émotion. C’est l’ami Samuel Fuller qui le dit…

Godard fait comme si, et de cette imitation naît son devenir. Pierrot le Fou est le plus romantique et le plus romanesque de ses films. Plus exactement : celui qui a le plus envie de l’être. Entre éloge et fracture, enthousiasme et dérision, Godard balance, mais c’est le lyrisme – mélancolique – qui l’emporte. Parce que l’art sert à passionner le désert de la vie, Ferdinand et Marianne s’imaginent en personnages – elle persiste à l’appeler Pierrot -, jouent à s’aimer, s’aiment vraiment, s’ennuient, se perdent de vue et se retrouvent, hélas trop tard. Le hurlement de désespoir de Belmondo fait mal. Aussi mal que, dans la vraie vie, l’éloignement de Karina, qui abandonne son Pygmalion. Jacques Morice (telerama.fr)

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(…) Malgré un aspect plus classique que ses films ultérieurs, Pierrot le fou alterne des peintures, des citations poétiques, et des numéros improvisés pour faire jaillir la vie, l’aventure qui préexiste à chaque moment de l’existence. Ce sont ces moments de creux, entre les velléités d’un récit policier, que Godard privilégie pour faire entrer dans la matière du film l’environnement et l’époque. Le film est narré en voix-off par les voix entrecoupées des deux héros situés dans un ailleurs, un autre espace-temps qui est peut être celui des morts. Ils racontent et dialoguent leur aventure depuis l’au-delà comme dans certains films noirs américains. Cet ailleurs est aussi cette promesse d’éternité qui achève Pierrot le fou comme jadis Le mépris. Du lointain, du royaumes des morts, Ferdinand et Marianne peuvent enfin consumer leur amour sans risques du lendemain et de l’intrusion des autres dans leur union.
De cette histoire d’amour impossible, de ce rêve d’un vivre libre à deux, Godard tire un négatif d’impressions personnelles. A Monika, il vole le « regard-caméra » d’Harriet Andersson pour filmer Anna Karina en flagrant délit de mensonges lorsqu’elle dit à Ferdinand qu’elle ne le quittera jamais. La rupture est déjà présente dès les premières séquences de leur bonheur, dans l’euphorie du mouvement et de la fuite. Godard pétrit la matière de son film de ce qui l’enchante en introduisant des tableaux, des poèmes des artistes qu’il vénère. Il inocule des impressions de ce qui le préoccupe comme la guerre du Viétnam, d’Algérie, du Yemen. Ces guerres symbolisent les rapports antagonistes entre l’artiste contemplatif, qui s’imagine en héros de Jules Vernes, et la fille complexe, insatisfaite et qui rêve de vivre dans un polar mené tambour battant. Ferdinand, comme Godard peut-être, s’exprime par des idées : il aime, dit-il, les ambitions, le tout. Elle préfère les animaux, le bruit de la musique. Ferdinand vit dans un rêve de bleu, elle porte sur ses habits le rouge du sang qu’elle disperse au travers de ses crimes et de ses mensonges… Frédéric Mercier (www.cinema-take.com)

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1 Commento

Pubblicato da su 6 gennaio 2011 in Cinema

 

Tag:

Una risposta a “Cinémathèques: Pierrot le fou (Jean-Luc Godard, 1965)

  1. Rod Delarue

    6 gennaio 2011 at 05:52

    Jean-Luc Godard – Pierrot le fou (1965)
    Link (dvdrip. v.o.):
    http://www.worldscinema.com/2010/12/jean-luc-godard-pierrot-le-fou-1965.html

     

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