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Léo Ferré interpreta Rimbaud (“L’Impossible”, Une Saison en Enfer)

18 Dic

L’Impossible

Ah! quella vita della mia infanzia, la strada maestra in ogni stagione, sovrumanamente sobrio, più disinteressato del migliore fra i mendicanti, fiero di non avere né paese, né amici, che sciocchezza era. – E me ne accorgo solo ora!
– Ho avuto ragione di disprezzare quei bravuomini che non rinuncerebbero mai a una carezza, parassiti della pulizia e della salute delle nostre donne, oggi che si accordano così poco con noi.
Ho avuto ragione in tutti i miei sdegni: perché evado!
Evado!
Mi spiego…

Ah ! cette vie de mon enfance, la grande route par tous les temps, sobre surnaturellement, plus désintéressé que le meilleur des mendiants, fier de n’avoir ni pays ; ni amis, quelle sottise c’était. – Et je m’en aperçois seulement!

– J’ai eu raison de mépriser ces bonshommes qui ne perdraient pas l’occasion d’une caresse, parasites de la propreté et de la santé de nos femmes, aujourd’hui qu’elles sont si peu d’accord avec nous.

J’ai eu raison dans tous mes dédains : puisque je m’évade !

Je m’évade !

Je m’explique.

Hier encore, je soupirais :  « Ciel ! sommes-nous assez de damnés ici-bas ! Moi j’ai tant de temps déjà dans leur troupe ! Je les connais tous. Nous nous reconnaissons toujours ; nous nous dégoûtons. La charité nous est inconnue. Mais nous sommes polis ; nos relations avec le monde sont très-convenables. » Est-ce étonnant ? Le monde! les marchands, les naïfs ! – Nous ne sommes pas déshonorés. – Mais les élus, comment nous recevraient-ils ? Or il y a des gens hargneux et joyeux, de faux élus, puisqu’il nous faut de l’audace ou de l’humilité pour les aborder. Ce sont les seuls élus. Ce ne sont pas des bénisseurs !

M’étant retrouvé deux sous de raison – ça passe vite ! – je vois que mes malaises viennent de ne m’être pas figuré assez tôt que nous sommes à l’Occident. Les marais occidentaux ! Non que je croie la lumière altérée, la forme exténuée, le mouvement égaré… Bon ! voici que mon esprit veut absolument se charger de tous les développements cruels qu’a subis l’esprit depuis la fin de l’Orient… Il en veut, mon esprit !

… Mes deux sous de raison sont finis ! – L’esprit est autorité, il veut que je sois en Occident. Il faudrait le faire taire pour conclure comme je voulais.

J’envoyais au diable les palmes des martyrs, les rayons de l’art, l’orgueil des inventeurs, l’ardeur des pillards ; je retournais à l’Orient et à la sagesse première et éternelle. – Il paraît que c’est un rêve de paresse grossière !

(…)   (…)   (…)

N’est-ce pas parce que nous cultivons la brume ! Nous mangeons la fièvre avec nos légumes aqueux. Et l’ivrognerie! et le tabac ! et l’ignorance ! et les dévouements ! – Tout cela est-il assez loin de la pensée de la sagesse de l’Orient, la patrie primitive ? Pourquoi un monde moderne, si de pareils poisons s’inventent !

(…) (…) (…)

A. Rimbaud Une Saison en Enfer (1873)

*** *** *** *** *** *** *** *** ***

L’INTERPRETAZIONE DI LEO FERRE :

Léo Ferré – L'Impossible

Léo Ferre.1

 
3 commenti

Pubblicato da su 18 dicembre 2009 in Letteratura, Musica

 

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3 risposte a “Léo Ferré interpreta Rimbaud (“L’Impossible”, Une Saison en Enfer)

  1. sakkaku

    17 giugno 2010 at 17:44

    Salve! Qualcuno saprebbe dirmi chi è l’autore di questo fotomontaggio di Arthur Rimbaud e dove si trova l’originale? Grazie! Mi sareste di grande aiuto.

     
    • Diego Scarca

      17 giugno 2010 at 19:35

      Il “fotomontaggio” è opera di Ernest Pignon-Ernest.

      Ernest Pignon-Ernest, de son vrai nom Ernest Pignon, est né en 1942, à Nice (France). Il est artiste plasticien, et travaille à Paris. On lui doit plusieurs « interventions urbaines » depuis trente ans.

      Hanté par les ombres de Nagasaki et d’Hiroshima, il a apposé des images peintes, dessinées, sérigraphiées sur du papier fragile, sur les murs des cités, dans des cabines téléphoniques, qui se fondent dans l’architecture urbaine, sont acceptées par les populations qui les défendent même de leur dégradation lente (Naples). Les témoignages photographiques accentuent cette fusion et en gardent les traces. Ernest Pignon-Ernest dénonce l’art construit pour les musées et expositions.

      Ernest Pignon-Ernest décrit lui-même son œuvre comme une manière de saisir l’essence d’un lieu. Il puise dans l’histoire du lieu, les souvenirs, mais aussi la lumière, l’espace. Puis, il vient y inscrire une image élaborée dans son atelier. Cette image est généralement le dessin d’une représentation humaine à l’échelle 1, reproduite par sérigraphie. Ernest Pignon-Ernest installe lui-même son œuvre in situ, durant la nuit. Nourri par un héritage culturel mêlant chrétien et païen, Ernest Pignon-Ernest n’hésite pas à s’inspirer et à citer les œuvres du Caravage (comme lors de son travail dans les rues de Naples).

      Pour se différencier d’Édouard Pignon (les mêmes initiales portèrent à la confusion lors d’une même exposition entre eux deux), il redoubla son prénom derrière son nom. (wikipedia.fr)

      Sito ufficiale dell’artista (dove è visibile il “fotomontaggio” in questione):
      http://www.pignon-ernest.com/

       
      • sakkaku

        2 agosto 2010 at 16:14

        Grazie mille della risposta (rispondo io in ritardo invece perché ho difficoltà a destreggiarmi con WordPress…).

        = )

         

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