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Letteratura e musica: Léo Ferré interpreta Rimbaud (“Adieu”, Une Saison en Enfer)

14 Dic

Adieu

Già l’autunno! – Ma perché rimpiangere un eterno sole, se siamo impegnati a scoprire la chiarità divina, – lontano dalla gente che muore sulle stagioni.

L’autunno. La nostra barca innalzata nelle nebbie immobili si volge verso il porto della miseria, la città enorme dal cielo macchiato di fuoco e di fango. Ah! gli stracci putridi, il pane inzuppato di pioggia, l’ubriachezza, i mille amori che mi hanno crocifisso! Dunque non finirà mai questa làmia regina di milioni d’anime e di corpi morti e che saranno giudicati! Mi rivedo con la pelle corrosa dal fango e dalla peste, i capelli e le ascelle pieni di vermi, e vermi ancora più grossi nel cuore, disteso fra sconosciuti senza età, senza sentimento… Avrei potuto morirci… Spaventosa evocazione! Esecro la miseria.

E temo l’inverno perché è la stagione del comfort!

– A volte vedo nel cielo spiagge sterminate coperte da bianche nazioni in festa. Un grande vascello d’oro, sopra di me, agita le sue bandiere variopinte nella brezza del mattino. Ho creato tutte le feste, tutti i trionfi, tutti i drammi. Ho cercato d’inventare nuovi fiori, nuovi astri, nuove carni, nuove lingue…

L’automne déjà ! – Mais pourquoi regretter un éternel soleil, si nous sommes engagés à la découverte de la clarté divine, – loin des gens qui meurent sur les saisons.

L’automne. Notre barque élevée dans les brumes immobiles tourne vers le port de la misère, la cité énorme au ciel taché de feu et de boue. Ah ! les haillons pourris, le pain trempé de pluie, l’ivresse, les mille amours qui m’ont crucifié ! Elle ne finira donc point cette goule reine de millions d’âmes et de corps morts et qui seront jugés ! Je me revois la peau rongée par la boue et la peste, des vers plein les cheveux et les aisselles et encore de plus gros vers dans le coeur, étendu parmi les inconnus sans âge, sans sentiment… J’aurais pu y mourir… L’affreuse évocation ! J’exècre la misère.

Et je redoute l’hiver parce que c’est la saison du comfort !

– Quelquefois je vois au ciel des plages sans fin couvertes de blanches nations en joie. Un grand vaisseau d’or, au-dessus de moi, agite ses pavillons multicolores sous les brises du matin. J’ai créé toutes les fêtes, tous les triomphes, tous les drames. J’ai essayé d’inventer de nouvelles fleurs, de nouveaux astres, de nouvelles chairs, de nouvelles langues. J’ai cru acquérir des pouvoirs surnaturels. Eh bien ! je dois enterrer mon imagination et mes souvenirs ! Une belle gloire d’artiste et de conteur emportée !

Moi ! moi qui me suis dit mage ou ange, dispensé de toute morale, je suis rendu au sol, avec un devoir à chercher, et la réalité rugueuse à étreindre ! Paysan ! (…)
  
Arthur Rimbaud, Une Saison en Enfer (1873)

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L’INTERPRETAZIONE DI LEO FERRE (1991):

Léo Ferré – Adieu

Attesa – photo by Avril55

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Commandés en octobre 1873 à un éditeur bruxellois et restés impayés, les 500 exemplaires d’ Une saison en enfer, qui, selon la légende, auraient été brûlés par Rimbaud, seront retrouvés en 1901 par un bibliophile.

Après un prologue sans titre, où le sujet de l’écriture semble passer un pacte avec le diable, viennent huit poèmes en prose, de longueur inégale:  “Mauvais Sang”; “Nuit de l’enfer”; “Délires I” (Vierge folle – l’Époux infernal); “Délires II” (“Alchimie du verbe”  où se trouvent insérés «Chanson de la plus haute tour», «Larme», «Faim», «l’Éternité», «Bonne Pensée du matin», «Ô saisons, ô châteaux», qui comptent parmi les derniers poèmes en vers de Rimbaud); l’ “Impossible”; l’ “Éclair”; “Matin”; “Adieu”. Un parcours se dessine, guidé par une sorte de fil autobiographique. Il semble que, plusieurs mois auparavant, Rimbaud avait déjà projeté d’écrire un récit personnel dont le titre aurait été Livre païen ou Livre nègre. Une saison en enfer obéit donc à une composition dont on croit pouvoir suivre les étapes: “Mauvais Sang”  pourrait être lu comme un récit des origines, sans père ni mère toutefois, puisque les déterminations du sujet semblent appartenir à la race gauloise en général. Il devient vite illusoire de chercher un récit: le temps, l’espace se brouillent. Le «je» n’a ni nom, ni père, ni moi. Ce qui le constitue c’est le passé de l’Occident chrétien, au travers duquel passent l’expérience de l’enfer, celle de l’aventure poétique (“Alchimie du verbe”)  aux confins de la folie, la quête d’ailleurs illusoires (l’Orient, le refuge dans le travail). Sous le signe de Satan, Une saison en enfer désécrit l’Évangile et raconte l’histoire de sa propre graphie. (© Hachette Multimédia / Hachette Livre)

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1 Commento

Pubblicato da su 14 dicembre 2009 in Letteratura, Musica

 

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Una risposta a “Letteratura e musica: Léo Ferré interpreta Rimbaud (“Adieu”, Une Saison en Enfer)

  1. Rod Delarue

    14 dicembre 2009 at 02:35

    Léo Ferré – Une saison en enfer (1992)
    Link: http://avaxhome.ws/music/leo_ferre_une_saison_en_enfer.html

     

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