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Une partie de campagne di Guy de Maupassant sul grande schermo (Jean Renoir, 1936) (2)

21 Ott

Une partie de campagne – Jean Renoir (1936)

Flowers In A Crystal Vase 1882
Flowers In A Crystal Vase 1882 – Ed. Manet

La méchanceté de Maupassant se combine à la chaleur humaine de Renoir, et cette très belle chronique d’un dimanche d’été est aussi un conte inquiet, tendre et mélancolique, caustique et troublant…

IL TESTO DI MAUPASSANT

La douceur d’être sur l’eau…

La jeune fille, assise dans le fauteuil du barreur, se laissait aller à la douceur d’être sur l’eau. Elle se sentait prise d’un renoncement de pensées, d’une quiétude de ses membres, d’un abandonnement d’elle-même, comme envahie par une ivresse multiple. Elle était devenue fort rouge avec une respiration courte. Les étourdissements du vin, développés par la chaleur torrentielle qui ruisselait autour d’elle, faisaient saluer sur son passage tous les arbres de la berge. Un besoin vague de jouissance, une fermentation du sang parcouraient sa chair excitée par les ardeurs de ce jour ; et elle était aussi troublée dans ce tête-à-tête sur l’eau, au milieu de ce pays dépeuplé par l’incendie du ciel, avec ce jeune homme qui la trouvait belle, dont l’œil lui baisait la peau, et dont le désir était pénétrant comme le soleil.

Leur impuissance à parler augmentait leur émotion, et ils regardaient les environs. Alors, faisant un effort, il lui demanda son nom. ” Henriette, dit-elle. – Tiens ! moi je m’appelle Henri “, reprit-il.

Le son de leur voix les avait calmés ; ils s’intéressèrent à la rive. L’autre yole s’était arrêtée et paraissait les attendre. Celui qui la montait cria : ” Nous vous rejoindrons dans le bois ; nous allons jusqu’à Robinson, parce que Madame a soif. ” Puis il se coucha sur les avirons et s’éloigna si rapidement qu’on cessa bientôt de le voir.

Cependant un grondement continu qu’on distinguait vaguement depuis quelque temps s’approchait très vite. La rivière elle-même semblait frémir comme si le bruit sourd montait de ses profondeurs.

” Qu’est-ce qu’on entend ? ” demanda-t-elle.

C’était la chute du barrage qui coupait le fleuve en deux à la pointe de l’île. Lui se perdait dans une explication, lorsque, à travers le fracas de la cascade, un chant d’oiseau qui semblait très lointain les frappa. ” Tiens, dit-il, les rossignols chantent dans le jour : c’est donc que les femelles couvent. ”

Un rossignol ! Elle n’en avait jamais entendu, et l’idée d’en écouter un fit se lever dans son cœur la vision des poétiques tendresses. Un rossignol ! c’est-à-dire l’invisible témoin des rendez-vous d’amour qu’invoquait Juliette sur son balcon : cette musique du ciel accordée aux baisers des hommes ; cet éternel inspirateur de toutes les romances langoureuses qui ouvrent un idéal bleu aux pauvres petits cœurs des fillettes attendries !

Elle allait donc entendre un rossignol.

” Ne faisons pas de bruit, dit son compagnon, nous pourrons descendre dans le bois et nous asseoir tout près de lui. ”

La yole semblait glisser. Des arbres se montrèrent sur l’île, dont la berge était si basse que les yeux plongeaient dans l’épaisseur des fourrés. On s’arrêta ; le bateau fut attaché ; et, Henriette s’appuyant sur le bras de Henri, ils s’avancèrent entre les branches. ” Courbez-vous “, dit-il. Elle se courba, et ils pénétrèrent dans un inextricable fouillis de lianes, de feuilles et de roseaux, dans un asile introuvable qu’il fallait connaître et que le jeune homme appelait en riant ” son cabinet particulier “.

Juste au-dessus de leur tête, perché dans un des arbres qui les abritaient, l’oiseau s’égosillait toujours. Il lançait des trilles et des roulades, puis filait de grands sons vibrants qui emplissaient l’air et semblaient se perdre à l’horizon, se déroulant le long du fleuve et s’envolant au-dessus des plaines, à travers le silence de feu qui appesantissait la campagne.

Ils ne parlaient pas de peur de le faire fuir. Ils étaient assis l’un près de l’autre, et, lentement, le bras de Henri fit le tour de la taille de Henriette et l’enserra d’une pression douce. Elle prit, sans colère, cette main audacieuse, et elle l’éloignait sans cesse à mesure qu’il la rapprochait n’éprouvant du reste aucun embarras de cette caresse, comme si c’eût été une chose toute naturelle qu’elle repoussait aussi naturellement.

Elle écoutait l’oiseau, perdue dans une extase. Elle avait des désirs infinis de bonheur, des tendresses brusques qui la traversaient, des révélations de poésies surhumaines, et un tel amollissement des nerfs et du cœur, qu’elle pleurait sans savoir pourquoi. Le jeune homme la serrait contre lui maintenant ; elle ne le repoussait plus, n’y pensant plus.

Le rossignol se tut soudain. Une voix éloignée cria : ” Henriette !

– Ne répondez point, dit-il tout bas, vous feriez envoler l’oiseau. ”

Elle ne songeait guère non plus à répondre.

Ils restèrent quelque temps ainsi. Mme Dufour était assise quelque part, car on entendait vaguement, de temps en temps, les petits cris de la grosse dame que lutinait sans doute l’autre canotier.

La jeune fille pleurait toujours, pénétrée de sensations très douces, la peau chaude et piquée partout de chatouillements inconnus. La tête de Henri était sur son épaule ; et, brusquement, il la baisa sur les lèvres. Elle eut une révolte furieuse et, pour l’éviter, se rejeta sur le dos. Mais il s’abattit sur elle, la couvrant de tout son corps. Il poursuivit longtemps cette bouche qui le fuyait, puis, la joignant, y attacha la sienne. Alors, affolée par un désir formidable, elle lui rendit son baiser en l’étreignant sur sa poitrine, et toute sa résistance tomba comme écrasée par un poids trop lourd.

Tout était calme aux environs. L’oiseau se mit à chanter. Il jeta d’abord trois notes pénétrantes qui semblaient un appel d’amour, puis, après un silence d’un moment, il commença d’une voix affaiblie des modulations très lentes.

Une brise molle glissa, soulevant un murmure de feuilles, et dans la profondeur des branches passaient deux soupirs ardents qui se mêlaient au chant du rossignol et au souffle léger du bois.

Une ivresse envahissait l’oiseau, et sa voix s’accélérant peu à peu comme un incendie qui s’allume ou une passion qui grandit, semblait accompagner sous l’arbre un crépitement de baisers. Puis le délire de son gosier se déchaînait éperdument. Il avait des pâmoisons prolongées sur un trait, de grands spasmes mélodieux.

Quelquefois il se reposait un peu, filant seulement deux ou trois sons légers qu’il terminait soudain par une note suraiguë. Ou bien il partait d’une course affolée, avec des jaillissements de gammes, des frémissements, des saccades, comme un chant d’amour furieux, suivi par des cris de triomphe.

Mais il se tut, écoutant sous lui un gémissement tellement profond qu’on l’eût pris pour l’adieu d’une âme. Le bruit s’en prolongea quelque temps et s’acheva dans un sanglot.

Ils étaient bien pâles, tous les deux, en quittant leur lit de verdure. Le ciel bleu leur paraissait obscurci ; l’ardent soleil était éteint pour leurs yeux ; ils s’apercevaient de la solitude et du silence. Ils marchaient rapidement l’un près de l’autre, sans se parler, sans se toucher, car ils semblaient devenus ennemis irréconciliables, comme si un dégoût se fût élevé entre leurs corps, une haine entre leurs esprits. (http://maupassant.free.fr)


LA  SEQUENZA CINEMATOGRAFICA

II.

***   ***   ***

Guinguettes…

restaurants-bords-de-seine1

Une guinguette est un cabaret populaire de banlieue parisienne officiant aussi comme restaurant et, souvent, comme lieu de bal.

L’origine la plus probable du terme est le mot guinguet, désignant un petit vin blanc aigre et bon marché produit en Ile-de-France.

Situation géographique

La plupart se trouvent sur les bords de la Seine et de la Marne, et certaines se trouvent en prolongement jusqu’à l’entrée de Rouen (…)

Le développement du chemin de fer et la création de la gare de la Bastille avec de nombreux trains vers la banlieue est de Paris est pour beaucoup dans le succès des guinguettes. Il y avait des guinguettes par centaines jusqu’à Nogent-sur-Seine, lieu où les bords de Seine ont le plus changé.

Déclin de la tradition

Les guinguettes furent un éminent sujet de peinture, fin XIXe siècle et première moitié du XXe. Le cinéma français de l’entre-deux guerres a également mis en scène les guinguettes

L’interdiction de la baignade dans les rivières a provoqué le déclin des guinguettes. Cette interdiction était motivée par des motifs d’hygiène (qualité de l’eau dégradée dans les années 60-70) et de sécurité (risques dus au trafic des péniches et de noyade) Dans les années 1960, elles passent dans le domaine de la nostalgie (…) (wikipedia)

Histoire des Guinguettes

(…) C’est par l’arrivée du Chemin de Fer, la ligne de Saint-Germain étant la première ligne ouverte en 1837, que les Parisiens purent enfin sortir aisément de la capitale et rejoindre les guinguettes à la campagne.

Avec un vignoble important aux alentours, les villes de Suresnes, Chatou, Bougival, Croissy-sur-Seine et Rueil-Malmaison accueillirent ainsi de nombreux établissements, dont les plus connus sont « La Grenouillère » et le « Restaurant Fournaise ». Un musée rappelle l’existence du premier à Croissy-sur-Seine, tandis que l’autre fonctionne encore, sur l’Ile des Impressionnistes à Chatou, jouxtant un musée également. Chez « Fournaise », les artistes aimaient à se retrouver, dans un paysage verdoyant, offrant de belles perspectives sur les ponts métalliques aux courbes parfaites. Renoir y a peint son fameux « Déjeuner des Canotiers » qui se trouve aux Etats-Unis dans la collection Morris.

Le Bal de la Grenouillère a été suivi par bien des artistes. Maupassant était un fidèle de ces lieux. Tout comme Claude Monet ou Pierre-Auguste Renoir, qui ont fait plusieurs toiles, fort célèbres, de la petite île en forme de camembert, si caractéristique de l’établissement. Celui-ci exista de 1852 à 1928.

Le déjeuner des canotiers - P.-A. Renoir
Le déjeuner des canotiers – P.-A. Renoir

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La Grenouillère – P.-A. Renoir
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La Grenouillère – Cl. Monet

(…) Aujourd’hui, on peut dire que, si de nombreux artistes-peintres n’avaient été inspirés par ces lieux, afin d’apporter un témoignage sur leur beauté d’antan, la mémoire collective aurait complètement oublié ces sites, pour la plupart disparus ou défigurés. Quant aux écrivains, comme Guy de Maupassant ou Emile Zola, ils apportent leur témoignage, par leurs ouvrages, sur la grande activité de ces bals, guinguettes et restaurants des Bords de Seine, ainsi que sur la pratique du canotage (…) (www.culture-guinguette.com)

Seine au petit matin.2 - Phil Lebaillif (zph)
Seine au petit matin - Phil Lebaillif (zph)
Seine au petit matin – Phil Lebaillif (zphoto.fr)

 
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Pubblicato da su 21 ottobre 2009 in Cinema, Letteratura

 

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