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Letteratura e cinema: La Maison Tellier di Guy de Maupassant sul grande schermo (Max Ophuls, Le plaisir, 1952) (1)

14 Ott

Le Plaisir – Max Ophuls (1952)

Le plaisir

Film français (comédie dramatique). Cast: Gaby Morlay, Madeleine Renaud, Jean Gabin, Daniel Gélin…

Adaptation de trois des nouvelles de Maupassant : “le Masque”, “la Maison Tellier” et “le Modele”.

[…] L’on a affaire […] à un triptyque tel qu’en peignaient les artistes du moyen âge et dans lequel le volet droit et gauche répondent symétriquement au panneau central.La voix du narrateur, personnage d’ombre, est d’ailleurs là pour relier subtilement entre eux les trois épisodes.

C’est le second qui retient d’abord l’attention. Des pensionnaires d’une maison close s’en vont à une première communion à la campagne. Elles y découvrent, non des motifs de plaisanteries scabreuses, mais la pureté. Pureté des communiantes vêtues de blanc, pureté des fleurs et de la nature en fête, pureté architecturale d’une église normande. Par manière de réciprocité, le paysan du cru qui les accueille connaîtra les joies factices du plaisir, tôt enfui. De cette confrontation de deux mondes, la nature d’une part et de l’autre le libertinage froufroutant, et de leur impossible conciliation, naît une sourde nostalgie.

A cette nuance de mélancolie répondent les tons beaucoup plus sombres des deux volets extérieurs: sur l’un (Le masque), une épouse résignée attend fidèlement son vieux mari qui chaque soir court le palais de la danse, son visage ridé couvert d’un masque de jeune homme. L’autre (Le modèle) nous dépeint la séparation tragique d’un couple de jeunes artistes, dont l’amour a mal résisté à l’épreuve du temps […]

On voit que Maupassant a été bel et bien laissé en chemin. En revanche Pascal, et sa critique du divertissement ne sont pas loin. Ophuls domine sa mise en scène comme jamais […] Quant à la maison Tellier, nous n’y pénétrerons jamais, la caméra se bornant à serpenter autour de ses fenêtres, de l’extérieur comme un lierre naturel.

Jacques Lourcelles, Dictionnaire des films  (www.cineclubdecaen.com)





IL TESTO DI MAUPASSANT (“La Maison Tellier”)

Comme un échantillon, un résumé de type féminin…

La maison avait deux entrées. A l’encoignure, une sorte de café borgne s’ouvrait, le soir, aux gens du peuple et aux matelots. Deux des personnes chargées du commerce spécial du lieu étaient particulièrement destinées aux besoins de cette partie de la clientèle. Elles servaient, avec l’aide du garçon, nommé Frédéric, un petit blond imberbe et fort comme un bœuf, les chopines de vin et les canettes sur les tables de marbre branlantes, et, les bras jetés au cou des buveurs, assises en travers de leurs jambes, elles poussaient à la consommation.

Les trois autres dames (elles n’étaient que cinq) formaient une sorte d’aristocratie et demeuraient réservées à la compagnie du premier, à moins pourtant qu’on eût besoin d’elles en bas et que le premier fût vide.

Le salon de Jupiter, où se réunissaient les bourgeois de l’endroit, était tapissé de papier bleu et agrémenté d’un grand dessin représentant Léda étendue sous un cygne. On parvenait dans ce lieu au moyen d’un escalier tournant terminé par une porte étroite, humble d’apparence, donnant sur la rue, et au-dessus de laquelle brillait toute la nuit, derrière un treillage, une petite lanterne comme celles qu’on allume encore en certaines villes aux pieds des madones encastrées dans les murs.

Le bâtiment, humide et vieux, sentait légèrement le moisi. Par moments, un souffle d’eau de Cologne passait dans les couloirs ou bien une porte entrouverte en bas faisait éclater dans toute la demeure, comme une explosion de tonnerre, les cris populaciers des hommes attablés au rez-de-chaussée, et mettait sur la figure des messieurs du premier une moue inquiète et dégoûtée.

Madame, familière avec les clients ses amis, ne quittait point le salon et s’intéressait aux rumeurs de la ville qui lui parvenaient par eux. Sa conversation grave faisait diversion aux propos sans suite des trois femmes ; elle était comme un repos dans le badinage polisson des particuliers ventrus qui se livraient chaque soir à cette débauche honnête et médiocre de boire un verre de liqueur en compagnie de filles publiques.

Les trois dames du premier s’appelaient Fernande, Raphaële et Rosa la Rosse.

Le personnel étant restreint, on avait tâché que chacune d’elles fût comme un échantillon, un résumé de type féminin, afin que tout consommateur pût trouver là, à peu près du moins, la réalisation de son idéal.

Fernande représentait la belle blonde, très grande, presque obèse, molle, fille des champs dont les taches de rousseur se refusaient à disparaître, et dont la chevelure filasse, écourtée, claire et sans couleur, pareille à du chanvre peigné, lui couvrait insuffisamment le crâne.

Raphaële, une Marseillaise, roulure des ports de mer, jouait le rôle indispensable de la belle Juive, maigre, avec des pommettes saillantes plâtrées de rouge. Ses cheveux noirs, lustrés à la moelle de bœuf, formaient des crochets sur ses tempes. Ses yeux eussent paru beaux si le droit n’avait pas été marqué d’une raie. Son nez arqué tombait sur une mâchoire accentuée où deux dents neuves, en haut, faisaient tache à côté de celles du bas qui avaient pris en vieillissant une teinte foncée comme les bois anciens.

Rosa la Rosse, une petite boule de chair tout en ventre avec des jambes minuscules, chantait du matin au soir, d’une voix éraillée, des couplets alternativement grivois ou sentimentaux, racontait des histoires interminables et insignifiantes, ne cessait de parler que pour manger et de manger que pour parler, remuait toujours, souple comme un écureuil malgré sa graisse et l’exiguïté de ses pattes ; et son rire, une cascade de cris aigus, éclatait sans cesse, de-ci, de-là, dans une chambre, au grenier, dans le café, partout, à propos de rien.

Les deux femmes du rez-de-chaussée, Louise, surnommée Cocote, et Flora, dite Balançoire parce qu’elle boitait un peu, l’une toujours en Liberté avec une ceinture tricolore, l’autre en Espagnole de fantaisie avec des sequins de cuivre qui dansaient dans ses cheveux carotte à chacun de ses pas inégaux, avaient l’air de filles de cuisine habillées pour un carnaval. Pareilles à toutes les femmes du peuple, ni plus laides, ni plus belles, vraies servantes d’auberge, on les désignait dans le port sous le sobriquet des deux Pompes.

Une paix jalouse, mais rarement troublée, régnait entre ces cinq femmes, grâce à la sagesse conciliante de Madame et à son intarissable bonne humeur…

LA  SEQUENZA CINEMATOGRAFICA

I.

*** *** ***

IL TESTO DI MAUPASSANT

Dans un wagon de seconde classe…

Mais, l’époque de la communion approchant, Madame éprouva un grand embarras. Elle n’avait point de sous-maîtresse et ne se souciait nullement de laisser sa maison, même pendant un jour. Toutes les rivalités entre les dames d’en haut et celles d’en bas éclateraient infailliblement ; puis Frédéric se griserait sans doute, et quand il était gris, il assommait les gens pour un oui ou pour un non. Enfin elle se décida à emmener tout son monde, sauf le garçon à qui elle donna sa liberté jusqu’au surlendemain.

Le frère, consulté, ne fit aucune opposition et se chargea de loger la compagnie entière pour une nuit. Donc, le samedi matin, le train express de huit heures emportait Madame et ses compagnes dans un wagon de seconde classe.

Jusqu’à Beuzeville elles furent seules et jacassèrent comme des pies. Mais à cette gare un couple monta. L’homme, vieux paysan, vêtu d’une blouse bleue avec un col plissé, des manches larges serrées aux poignets et ornées d’une petite broderie blanche, couvert d’un antique chapeau de forme haute dont le poil roussi semblait hérissé, tenait d’une main un immense parapluie vert et de l’autre un vaste panier qui laissait passer les têtes effarées de trois canards. La femme, raide en sa toilette rustique, avait une physionomie de poule avec un nez pointu comme un bec. Elle s’assit en face de son homme et demeura sans bouger, saisie de se trouver au milieu d’une si belle société.

Et c’était en effet, dans le wagon, un éblouissement de couleurs éclatantes. Madame, tout en bleu, en soie bleue des pieds à la tête, portait là-dessus un châle de faux cachemire français, rouge, aveuglant, fulgurant. Fernande soufflait dans une robe écossaise dont le corsage, lacé à toute force par ses compagnes, soulevait sa croulante poitrine en un double dôme toujours agité qui semblait liquide sous l’étoffe.

Raphaële, avec une coiffure emplumée simulant un nid plein d’oiseaux, portait une toilette lilas, pailletée d’or, quelque chose d’oriental qui seyait à sa physionomie de Juive. Rosa la Rosse, en jupe rose à larges volants, avait l’air d’une enfant trop grasse, d’une naine obèse ; et les deux Pompes semblaient s’être taillé des accoutrements étranges au milieu de vieux rideaux de fenêtre, ces vieux rideaux à ramages datant de la Restauration.

Sitôt qu’elles ne furent plus seules dans le compartiment, ces dames prirent une contenance grave et se mirent à parler de choses relevées pour donner une bonne opinion d’elles. Mais à Bolbec apparut un monsieur à favoris blonds, avec des bagues et une chaîne en or, qui mit dans le filet sur sa tête plusieurs paquets enveloppés de toile cirée. Il avait un air farceur et bon enfant. Il salua, sourit et demanda avec aisance : « Ces dames changent de garnison ? » Cette question jeta dans le groupe une confusion embarrassée. Madame, enfin, reprit contenance et elle répondit sèchement pour venger l’honneur du corps : « Vous pourriez bien être poli ! » Il s’excusa : « Pardon, je voulais dire de monastère. » Madame, ne trouvant rien à répliquer, ou jugeant peut-être la rectification suffisante, fit un salut digne en pinçant les lèvres.

LA SEQUENZA CINEMATOGRAFICA

II.

***   ***   ***

Max Ophuls: réalisateur, scénariste, directeur artistique allemand

Né Max Oppenheimer Ophuels, le 6 Mai 1902 à Saarbrücken, Allemagne

Décédé le 26 Mars 1957 à Hambourg, Allemagne

Ophuls aborde le cinéma à l’aube du parlant, comme dialoguiste-traducteur […] L’avènement du nazisme le force à fuir l’Allemagne en 1933, et il choisit en 1935 de prendre la nationalité française […] De nouveau contraint à l’exil après l’armistice, Max Ophuls quitte la France pour les Etats-Unis. Il entame alors une parenthèse hollywoodienne d’abord marquée par une longue période d’inactivité jusqu’en 1946. Cette année-là, il dirige Douglas Fairbanks Jr. dans L’Exilé. En 1948, il adapte Stefan Zweig avec Lettre d’une inconnue, sa “Libelei américaine” : un film aux accents nostalgiques et tendres qui reflète une fois encore l’essence de la pensée ophulsienne. En 1949, il réalise Caught, film noir interprété par James Mason, bien plus typiquement hollywoodien de par sa distribution et sa touche mélodramatique. De retour en France, il donne la pleine mesure de son talent avec les quatre films majeurs de son oeuvre : La Ronde (1950), l’un des plus grands succès commerciaux d’après-guerre, Le Plaisir (1951), d’après Maupassant, Madame de… (1953) d’après Louise de Vilmorin et enfin Lola Montès, en 1955. Tout l’art et le génie d’Ophuls s’y trouvent mêlés, dans une parfaite synthèse des toutes ses expériences précédentes. A’ nouveau inspirées par la littérature, ces oeuvres pleines d’exubérance et de charme poétique confirment un cinéaste fasciné par la femme, qu’elle soit fragile, amoureuse, légère ou meurtrie.

(www.cineressources.net/)

Toulouse_Lautrec_Henri_de_Dance_at_the_Moulin_Rouge
Dance at the Moulin Rouge – Toulouse-Lautrec

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Continua…

 
2 commenti

Pubblicato da su 14 ottobre 2009 in Cinema, Letteratura

 

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2 risposte a “Letteratura e cinema: La Maison Tellier di Guy de Maupassant sul grande schermo (Max Ophuls, Le plaisir, 1952) (1)

  1. Rod Delarue

    14 ottobre 2009 at 01:00

     
  2. teporingo

    28 febbraio 2011 at 01:34

    Grazie per le belle imagini di un bellissimo film. Maupassant è stato un genio della letteratura e Max Ophuls un vero genio del cinema. Auguri dal Messico

     

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