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Glissements progressifs du plaisir: Alain Robbe-Grillet (1974)

Alain Robbe-Grillet  -  Glissements progressifs du plaisir (1974)

Cast : Anicee Alvina, Olga Georges-Picot, Jean-Louis Trintignant…

Synopsis :

Injustement accusée du meurtre de son amie Nora, Alice clame son innocence en livrant à ses interlocuteurs un récit confus, entre réalité et imaginaire. Elle parvient cependant à convaincre une jeune avocate, qu’elle entraîne dans ses jeux érotiques.

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Il Morandini :

Accusata della morte della giovane amica con cui conviveva, Alice è rinchiusa in un carcere femminile per minorenni dove coinvolge un poliziotto, un magistrato e un prete in un gioco ambiguo e perverso. 6° degli 8 film di A. Robbe-Grillet, ripropone la struttura circolare e chiusa, lo smontaggio della narratività tradizionale, la mancanza di una separazione tra realtà e immaginazione, il rifiuto dell’analisi psicologica dei personaggi che caratterizzano il suo cinema. “I racconti a fondo lesbico che la ragazza elargisce con sfrontato gusto della provocazione le consentono di portare alla luce le inibizioni mascherate, le pulsioni represse dei suoi interroganti…” (N. Rossello). (mymovies.it)

“Une personnalité ambivalente et insaisissable” : Alain Robbe-Grillet…

Robbe-Grillet expose ses théories dans Pour un nouveau roman (1963), œuvre qui réunit l’ensemble des articles qu’il a écrits sur le sujet depuis 1955. Il y remet en cause les structures narratives traditionnelles du roman que constituent l’intrigue linéaire, les personnages et leur psychologie. Il opère ainsi une « révolution du regard » en cherchant à atteindre une sorte d’enregistrement du monde par l’écriture, une neutralité psychologique face à laquelle le lecteur se trouve dérouté. Il substitue à la notion de style littéraire celle d’écriture, plus neutre, dépouillée, se rapprochant d’une sorte de « degré zéro de l’écriture » (Roland Barthes). Le renouveau littéraire d’Alain Robbe-Grillet ne doit pas toutefois être considéré comme une rupture sans prémices : son écriture, qui prend naissance sur un terrain préparé de longue date par Gustave Flaubert, trouve aussi sa source dans de nombreux champs littéraires, qui vont de Jean-Paul Sartre à James Joyce, en passant par Franz Kafka.

Avec la Maison de rendez-vous (1965), Projet pour une révolution à New York (1970), Topologie d’une cité fantôme (1976) et Souvenirs du Triangle d’or (1978), la littérature d’Alain Robbe-Grillet évolue et se teinte d’érotisme et de violence. Il construit aussi en parallèle une œuvre cinématographique exigeante, tout d’abord avec le scénario du film d’Alain Resnais, l’Année dernière à Marienbad (1961), puis avec ses propres réalisations, telles que l’Immortelle (1962), Trans-Europ-Express (1966), Glissements progressifs du plaisir (1973), la Belle Captive (1983) ou encore Un bruit qui rend fou (1995). Les films comme les livres sont déstructurés ; leur auteur y joue avec les codes, pour mieux s’en affranchir et égarer le spectateur (…)

(,,,) Fort d’une personnalité ambivalente et insaisissable, il a produit une œuvre provocatrice et dérangeante, qui a notamment glissé vers l’érotisme et la pornographie au travers de certains de ses écrits, dont son ultime roman Un roman sentimental (2007). (Microsoft ® Encarta ® 2009. © 1993-2008 Microsoft Corporation.)

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Pubblicato da su 3 luglio 2010 in Cinema

 

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Léo Ferré interpreta Rimbaud (“L’Impossible”, Une Saison en Enfer)

L’Impossible

Ah! quella vita della mia infanzia, la strada maestra in ogni stagione, sovrumanamente sobrio, più disinteressato del migliore fra i mendicanti, fiero di non avere né paese, né amici, che sciocchezza era. – E me ne accorgo solo ora!
- Ho avuto ragione di disprezzare quei bravuomini che non rinuncerebbero mai a una carezza, parassiti della pulizia e della salute delle nostre donne, oggi che si accordano così poco con noi.
Ho avuto ragione in tutti i miei sdegni: perché evado!
Evado!
Mi spiego…

Ah ! cette vie de mon enfance, la grande route par tous les temps, sobre surnaturellement, plus désintéressé que le meilleur des mendiants, fier de n’avoir ni pays ; ni amis, quelle sottise c’était. – Et je m’en aperçois seulement!

- J’ai eu raison de mépriser ces bonshommes qui ne perdraient pas l’occasion d’une caresse, parasites de la propreté et de la santé de nos femmes, aujourd’hui qu’elles sont si peu d’accord avec nous.

J’ai eu raison dans tous mes dédains : puisque je m’évade !

Je m’évade !

Je m’explique.

Hier encore, je soupirais :  « Ciel ! sommes-nous assez de damnés ici-bas ! Moi j’ai tant de temps déjà dans leur troupe ! Je les connais tous. Nous nous reconnaissons toujours ; nous nous dégoûtons. La charité nous est inconnue. Mais nous sommes polis ; nos relations avec le monde sont très-convenables. » Est-ce étonnant ? Le monde! les marchands, les naïfs ! – Nous ne sommes pas déshonorés. – Mais les élus, comment nous recevraient-ils ? Or il y a des gens hargneux et joyeux, de faux élus, puisqu’il nous faut de l’audace ou de l’humilité pour les aborder. Ce sont les seuls élus. Ce ne sont pas des bénisseurs !

M’étant retrouvé deux sous de raison – ça passe vite ! – je vois que mes malaises viennent de ne m’être pas figuré assez tôt que nous sommes à l’Occident. Les marais occidentaux ! Non que je croie la lumière altérée, la forme exténuée, le mouvement égaré… Bon ! voici que mon esprit veut absolument se charger de tous les développements cruels qu’a subis l’esprit depuis la fin de l’Orient… Il en veut, mon esprit !

… Mes deux sous de raison sont finis ! – L’esprit est autorité, il veut que je sois en Occident. Il faudrait le faire taire pour conclure comme je voulais.

J’envoyais au diable les palmes des martyrs, les rayons de l’art, l’orgueil des inventeurs, l’ardeur des pillards ; je retournais à l’Orient et à la sagesse première et éternelle. – Il paraît que c’est un rêve de paresse grossière !

(…)   (…)   (…)

N’est-ce pas parce que nous cultivons la brume ! Nous mangeons la fièvre avec nos légumes aqueux. Et l’ivrognerie! et le tabac ! et l’ignorance ! et les dévouements ! – Tout cela est-il assez loin de la pensée de la sagesse de l’Orient, la patrie primitive ? Pourquoi un monde moderne, si de pareils poisons s’inventent !

(…) (…) (…)

A. Rimbaud Une Saison en Enfer (1873)

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L’INTERPRETAZIONE DI LEO FERRE :

Léo Ferré – L'Impossible

Léo Ferre.1

 
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Pubblicato da su 18 dicembre 2009 in Letteratura, Musica

 

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Léo Ferré interpreta Rimbaud (“Alchimie du Verbe”, Une Saison en Enfer)

DÉLIRES II

Fu dapprima uno studio. Scrivevo silenzi, notti, annotavo l’inesprimibile. Fissavo vertgini…


ALCHIMIE DU VERBE

A’  moi. L’histoire d’une de mes folies.

Depuis longtemps je me vantais de posséder tous les paysages possibles, et trouvais dérisoires les célébrités de la peinture et de la poésie moderne.

J’aimais les peintures idiotes, dessus de portes, décors, toiles de saltimbanques ; enseignes, enluminures populaires; la littérature démodée, latin d’église, livres érotiques sans orthographe, romans de nos aïeules, contes de fées, petits livres de l’enfance, opéras vieux, refrains niais, rhythmes naïfs.

Je rêvais croisades, voyages de découvertes dont on n’a pas de relations, républiques sans histoires, guerres de religion étouffées, révolutions de moeurs, déplacements de races et de continents : je croyais à tous les enchantements.

J’inventai la couleur des voyelles ! – A noir, E blanc, I rouge, O bleu, U vert. – Je réglai la forme et le mouvement de chaque consonne, et, avec des rhythmes instinctifs, je me flattai d’inventer un verbe poétique accessible, un jour ou l’autre, à tous les sens. Je réservais la traduction.

Ce fut d’abord une étude. J’écrivais des silences, des nuits, je notais l’inexprimable. Je fixais des vertiges.

Loin des oiseaux, des troupeaux, des villageoises,
Que buvais-je, à genoux dans cette bruyère
Entourée de tendres bois de noisetiers,
Dans un brouillard d’après-midi tiède et vert ?

Que pouvais-je boire dans cette jeune Oise,
- Ormeaux sans voix, gazon sans fleurs, ciel couvert ! -
Boire à ces gourdes jaunes, loin de ma case
Chérie ? Quelque liqueur d’or qui fait suer.

Je faisais une louche enseigne d’auberge.
- Un orage vint chasser le ciel. Au soir
L’eau des bois se perdait sur les sables vierges,
Le vent de Dieu jetait des glaçons aux mares ;

Pleurant, je voyais de l’or œ et ne pus boire. -

*** *** ***

A’ quatre heures du matin, l’été,
Le sommeil d’amour dure encore.
Sous les bocages s’évapore
L’odeur du soir fêté.

Là-bas, dans leur vaste chantier
Au soleil des Hespérides,
Déjà s’agitent – en bras de chemise -
Les Charpentiers.

Dans leurs Déserts de mousse, tranquilles,
Ils préparent les lambris précieux
Où la ville Peindra de faux cieux.

Ȏ, pour ces Ouvriers charmants
Sujets d’un roi de Babylone,
Vénus ! quitte un instant les Amants
Dont l’âme est en couronne.

Ȏ Reine des Bergers,
Porte aux travailleurs l’eau-de-vie,
Que leurs forces soient en paix
En attendant le bain dans la mer à midi.

***   ***   ***

La vieillerie poétique avait une bonne part dans mon alchimie du verbe.

Je m’habituai à l’hallucination simple : je voyais très-franchement une mosquée à la place d’une usine, une école de tambours faite par des anges, des calèches sur les routes du ciel, un salon au fond d’un lac ; les monstres, les mystères ; un titre de vaudeville dressait des épouvantes devant moi.

Puis j’expliquai mes sophismes magiques avec l’hallucination des mots !

(…)   (…)   (…)

Arthur Rimbaud, Une saison en Enfer (1873)

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L’INTERPRETAZIONE DI LEO FERRE:

Léo Ferré – Délires II (Extrait)

Léo Ferre.1

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Charleville Mézières: la maison de Rimbaud

(http://maisonsecrivains.canalblog.com/)

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Pubblicato da su 16 dicembre 2009 in Letteratura, Musica

 

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Letteratura e musica: Léo Ferré interpreta Rimbaud (“Adieu”, Une Saison en Enfer)

Adieu

Già l’autunno! – Ma perché rimpiangere un eterno sole, se siamo impegnati a scoprire la chiarità divina, – lontano dalla gente che muore sulle stagioni.

L’autunno. La nostra barca innalzata nelle nebbie immobili si volge verso il porto della miseria, la città enorme dal cielo macchiato di fuoco e di fango. Ah! gli stracci putridi, il pane inzuppato di pioggia, l’ubriachezza, i mille amori che mi hanno crocifisso! Dunque non finirà mai questa làmia regina di milioni d’anime e di corpi morti e che saranno giudicati! Mi rivedo con la pelle corrosa dal fango e dalla peste, i capelli e le ascelle pieni di vermi, e vermi ancora più grossi nel cuore, disteso fra sconosciuti senza età, senza sentimento… Avrei potuto morirci… Spaventosa evocazione! Esecro la miseria.

E temo l’inverno perché è la stagione del comfort!

- A volte vedo nel cielo spiagge sterminate coperte da bianche nazioni in festa. Un grande vascello d’oro, sopra di me, agita le sue bandiere variopinte nella brezza del mattino. Ho creato tutte le feste, tutti i trionfi, tutti i drammi. Ho cercato d’inventare nuovi fiori, nuovi astri, nuove carni, nuove lingue…

L’automne déjà ! – Mais pourquoi regretter un éternel soleil, si nous sommes engagés à la découverte de la clarté divine, – loin des gens qui meurent sur les saisons.

L’automne. Notre barque élevée dans les brumes immobiles tourne vers le port de la misère, la cité énorme au ciel taché de feu et de boue. Ah ! les haillons pourris, le pain trempé de pluie, l’ivresse, les mille amours qui m’ont crucifié ! Elle ne finira donc point cette goule reine de millions d’âmes et de corps morts et qui seront jugés ! Je me revois la peau rongée par la boue et la peste, des vers plein les cheveux et les aisselles et encore de plus gros vers dans le coeur, étendu parmi les inconnus sans âge, sans sentiment… J’aurais pu y mourir… L’affreuse évocation ! J’exècre la misère.

Et je redoute l’hiver parce que c’est la saison du comfort !

- Quelquefois je vois au ciel des plages sans fin couvertes de blanches nations en joie. Un grand vaisseau d’or, au-dessus de moi, agite ses pavillons multicolores sous les brises du matin. J’ai créé toutes les fêtes, tous les triomphes, tous les drames. J’ai essayé d’inventer de nouvelles fleurs, de nouveaux astres, de nouvelles chairs, de nouvelles langues. J’ai cru acquérir des pouvoirs surnaturels. Eh bien ! je dois enterrer mon imagination et mes souvenirs ! Une belle gloire d’artiste et de conteur emportée !

Moi ! moi qui me suis dit mage ou ange, dispensé de toute morale, je suis rendu au sol, avec un devoir à chercher, et la réalité rugueuse à étreindre ! Paysan ! (…)
  
Arthur Rimbaud, Une Saison en Enfer (1873)

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L’INTERPRETAZIONE DI LEO FERRE (1991):

Léo Ferré – Adieu

Attesa - photo by Avril55

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Commandés en octobre 1873 à un éditeur bruxellois et restés impayés, les 500 exemplaires d’ Une saison en enfer, qui, selon la légende, auraient été brûlés par Rimbaud, seront retrouvés en 1901 par un bibliophile.

Après un prologue sans titre, où le sujet de l’écriture semble passer un pacte avec le diable, viennent huit poèmes en prose, de longueur inégale:  “Mauvais Sang”; “Nuit de l’enfer”; “Délires I” (Vierge folle – l’Époux infernal); “Délires II” (“Alchimie du verbe”  où se trouvent insérés «Chanson de la plus haute tour», «Larme», «Faim», «l’Éternité», «Bonne Pensée du matin», «Ô saisons, ô châteaux», qui comptent parmi les derniers poèmes en vers de Rimbaud); l’ “Impossible”; l’ “Éclair”; “Matin”; “Adieu”. Un parcours se dessine, guidé par une sorte de fil autobiographique. Il semble que, plusieurs mois auparavant, Rimbaud avait déjà projeté d’écrire un récit personnel dont le titre aurait été Livre païen ou Livre nègre. Une saison en enfer obéit donc à une composition dont on croit pouvoir suivre les étapes: “Mauvais Sang”  pourrait être lu comme un récit des origines, sans père ni mère toutefois, puisque les déterminations du sujet semblent appartenir à la race gauloise en général. Il devient vite illusoire de chercher un récit: le temps, l’espace se brouillent. Le «je» n’a ni nom, ni père, ni moi. Ce qui le constitue c’est le passé de l’Occident chrétien, au travers duquel passent l’expérience de l’enfer, celle de l’aventure poétique (“Alchimie du verbe”)  aux confins de la folie, la quête d’ailleurs illusoires (l’Orient, le refuge dans le travail). Sous le signe de Satan, Une saison en enfer désécrit l’Évangile et raconte l’histoire de sa propre graphie. (© Hachette Multimédia / Hachette Livre)

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Pubblicato da su 14 dicembre 2009 in Letteratura, Musica

 

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Madame Bovary di Gustave Flaubert sul grande schermo (Vincente Minnelli, 1949) (6)

Madame Bovary – Vincente Minnelli (1949)

The Stormy Sea or The Wave (particolare) – G. Courbet


Il testo di Flaubert (IIIème partie, ch. IX):

La chambre […] était toute pleine d’une solennité lugubre. Il y avait sur la table à ouvrage, recouverte d’une serviette blanche, cinq ou six petites boules de coton dans un plat d’argent, près d’un gros crucifix, entre deux chandeliers qui brûlaient. Emma, le menton contre sa poitrine, ouvrait démesurément les paupières ; et ses pauvres mains se traînaient sur les draps, avec ce geste hideux et doux des agonisants qui semblent vouloir déjà se recouvrir du suaire. Pâle comme une statue, et les yeux rouges comme des charbons, Charles, sans pleurer, se tenait en face d’elle, au pied du lit, tandis que le prêtre, appuyé sur un genou, marmottait des paroles basses…

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XKH155707

Forest Landscape – G. Courbet

La camera […] era colma di una lugubre solennità. Sul tavolino da lavoro, coperto da un tovagliolo bianco, si trovavano cinque o sei batuffoli di cotone in un piatto d’argento vicino a un grosso crocifisso fra due candele accese. Emma, con il mento sul petto, apriva smisuratamente gli occhi, e le sue povere mani si trascinavano sulle lenzuola, con quel gesto orribile e dolce degli agonizzanti che sembra già vogliano coprirsi con il sudario. Pallido come una statua, con gli occhi rossi come carboni, senza piangere, Charles stava di fronte a lei ai piedi del letto, mentre il prete, con un ginocchio appoggiato a terra, mormorava preghiere a voce bassa.

Emma voltò lentamente il capo e parve felice di vedere d’improvviso la stola violetta; certo ritrovava, nella sua straordinaria serenità, la perduta voluttà dei primi slanci mistici, accompagnati da visioni di eterna beatitudine prossime a ricominciare.

Il sacerdote si alzò per prendere il crocifisso; allora Emma protese il collo come un assetato e, appoggiando le labbra sul corpo dell’Uomo-Dio, vi posò con tutte le forze che ancora le rimanevano il più appassionato bacio d’amore che mai avesse dato. Poi il prete recitò il Misereatur e l’Indulgentiam, immerse il pollice nell’olio e cominciò l’unzione: prima sugli occhi, che avevano tanto bramato i lussi e gli splendori terreni, poi sulle narici, desiderose di aspirare tepide brezze e sentori amorosi, quindi sulla bocca che si era aperta per pronunciare menzogne, e aveva emesso gemiti d’orgoglio e grida di lussuria, e ancora sulle mani che si dilettavano ai soavi contatti, infine sulle piante dei piedi, un tempo così rapidi quando correvano verso l’appagamento del desiderio e che ormai non avrebbero più camminato.

Il curato si asciugò le dita, gettò sul fuoco i batuffoli di cotone intrisi d’olio e tornò a sedersi vicino alla moribonda per dirle che adesso doveva unire le sue sofferenze a quelle di Gesù Cristo e abbandonarsi alla misericordia divina.

Ultimando le esortazioni, cercò di mettere nella mano di Emma un cero benedetto, simbolo delle glorie celesti che ben presto l’avrebbero circonfusa. Emma, ormai troppo debole, non poté stringere le dita e il cero, senza l’aiuto di don Bournisien, sarebbe caduto a terra.

Intanto Emma non era più così pallida, e il suo viso aveva un’espressione di serenità come se il Sacramento l’avesse guarita.

Il prete non mancò di farlo notare e spiegò anche a Bovary che il Signore prolunga talora l’esistenza delle persone, quando lo giudica conveniente per la loro salvezza; e Charles ricordò il giorno in cui, quando ella si era sentita così vicina a morire, aveva ricevuto la comunione.
“Forse c’è ancora una speranza” pensava.

Infatti Emma si guardava intorno, lentamente, come chi si svegli da un sogno; poi, con voce chiara, chiese lo specchio e vi rimase chinata sopra per qualche tempo, finché grosse lacrime le scesero dagli occhi. Allora rovesciò il capo con un profondo sospiro e ricadde sul guanciale.

Il petto cominciò subito a sollevarlesi in rapidi ansiti. Le uscì di bocca la lingua tutta intera, gli occhi arrovesciati si spensero come i globi di una lampada che non arde più, e si sarebbe potuto crederla già morta se non fosse stato per il respiro accelerato che le scoteva il torace con un furioso ansimare, come se l’anima dovesse fare uno sforzo per distaccarsi. Félicité si inginocchiò davanti al crocifisso e perfino il farmacista fletté un poco le ginocchia, mentre il signor Canivet guardava vagamente la piazza. Don Bournisien si era rimesso a pregare, il viso chinato contro la sponda del letto, e la lunga tonaca nera che scendeva dietro di lui sul pavimento. Charles stava dall’altra parte, in ginocchio, con le braccia tese verso Emma. Le aveva preso le mani e le stringeva, trasalendo a ogni battito del cuore come al contraccolpo di una frana che precipiti. A mano a mano che il rantolo diveniva più forte, il sacerdote recitava precipitosamente le orazioni: queste si mescolavano ai singhiozzi soffocati di Bovary e, di tanto in tanto, tutto sembrava scomparire nel sordo mormorio delle sillabe latine simili ai rintocchi funebri di una campana…

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La trasposizione cinematografica di V. Minnelli:

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Madame Bovary (1949).6_5
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Pubblicato da su 1 novembre 2009 in Cinema, Letteratura

 

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Madame Bovary di Gustave Flaubert sul grande schermo (Vincente Minnelli, 1949) (5)

Madame Bovary – Vincente Minnelli (1949)

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Still life with asters – G. Courbet


Il testo di Flaubert (IIIème partie, ch. VIII):


Il était devant le feu, les deux pieds sur le chambranle, en train de fumer une pipe.
– Tiens ! c’est vous ! dit-il en se levant brusquement.
– Oui, c’est moi !… je voudrais, Rodolphe, vous demander un conseil.
Et malgré tous ses efforts, il lui était impossible de desserrer la bouche.
– Vous n’avez pas changé, vous êtes toujours charmante !
– Oh ! reprit-elle amèrement, ce sont de tristes charmes, mon ami, puisque vous les avez dédaignés.
Alors il entama une explication de sa conduite, s’excusant en termes vagues, faute de pouvoir inventer mieux…

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Evening Landscape – G. Courbet

Rodolphe stava davanti al fuoco, con i piedi sul gradino del caminetto, fumando la pipa.
«Ma guarda! Lei qui!» disse alzandosi in fretta.
«Sì, io!… Rodolphe, vorrei chiederle un consiglio.»
Ma, a dispetto di ogni sforzo, non le riusciva di aprir bocca.
«Non è cambiata per nulla. È affascinante come sempre!»
«Oh!» osservò lei amaramente «sono ben poveri fascini, dal momento che lei li ha disdegnati.»
Rodolphe cominciò a spiegare le ragioni del suo comportamento, scusandosi in termini vaghi, nell’impossibilità di trovare di meglio.

Emma si abbandonò alla lusinga delle sue parole, e, più ancora, alla sua voce e alla vista della sua persona, tanto che mostrò di credere o credette davvero al pretesto della loro rottura: si trattava di mantenere un segreto da cui dipendeva l’onore e la vita stessa di una terza persona.
«Non importa,» disse, guardandolo con tristezza «ho sofferto abbastanza.»
Rodolphe rispose filosoficamente: «Così è la vita!»
«È stata almeno buona per lei,» continuò Emma «dopo la nostra separazione?»
«Oh! Né buona né cattiva.»
«Forse avremmo fatto meglio a non lasciarci.»
«Sì… forse!»
«Lo credi davvero?» domandò lei, avvicinandoglisi.
Sospirò:
«Oh Rodolphe! Se sapessi… ti ho amato moltissimo!»

A questo punto gli prese una mano e rimasero così, per qualche minuto con le dita intrecciate, come il primo giorno alle Assemblee.[…]

Era deliziosa, con quello sguardo in cui tremava una lacrima, come l’acqua di un temporale in un calice azzurro.

Rodolphe l’attirò sulle ginocchia, le accarezzò con il dorso della mano i capelli lisci, sui quali, nel chiarore del crepuscolo, brillava come una freccia d’oro un ultimo raggio di sole. Emma teneva la fronte bassa. Rodolphe finì per sfiorarle con le labbra le palpebre in un lieve bacio.
«Ma tu hai pianto!» disse «Perché?»
Emma scoppiò in singhiozzi. Rodolphe interpretò questa commozione come l’esplosione del suo amore.
Ella taceva; il suo silenzio gli parve un’ultima manifestazione di pudore e allora esclamò:
«Perdonami! Sei la sola che mi piaccia, sono stato imbecille e cattivo. Ti amo e ti amerò sempre. Cosa ti turba? Dimmelo!»

Si inginocchiò davanti a lei.
«Ebbene… sono rovinata Rodolphe! Mi dovresti prestare tremila franchi!»
«Ma… Ma…» disse lui rialzandosi adagio, mentre la sua fisionomia assumeva un’espressione grave.
«Devi sapere» continuò Emma in fretta «che mio marito ha messo tutte le sostanze nelle mani di un notaio; questi è fuggito. Abbiamo fatto debiti, i clienti non pagavano. Del resto la liquidazione non è finita, in seguito avremo del denaro. Ma oggi ci fanno un sequestro per tremila franchi; sta accadendo adesso, in questo stesso momento e, contando sulla tua amicizia, sono venuta da te…»

“Ah!” pensò Rodolphe, diventando d’improvviso molto pallido “è venuta per questo?”
Alla fine disse, con un’aria molto calma:
«Non li ho, cara signora».

Non mentiva. Se li avesse avuti, glieli avrebbe dati di certo, benché sia sempre poco piacevole compiere questi bei gesti: una richiesta di denaro, fra tutte le tempeste che si possono abbattere sull’amore, è la più gelida e la più distruttiva.
Emma rimase a guardarlo per qualche istante.
«Non li hai?» Ripeté più volte.
«Non li hai! Avrei potuto risparmiarmi quest’ultima umiliazione. Tu non mi hai mai amata. Non sei meglio degli altri!»
Si tradiva, si stava perdendo.
Rodolphe l’interruppe, asserendo di trovarsi in difficoltà.
«Ti compiango!» disse Emma «Sì, moltissimo!»
E, fermando lo sguardo su una carabina damaschinata che brillava in mezzo a una panoplia:
«Ma quando si è così poveri, non si possiede un fucile con il calcio niellato d’argento! Non si compera una pendola incrostata di tartaruga!» continuò, additando l’orologio di Boulle «Né fischietti d’argento dorato per le fruste» e li toccò «né ciondoli per l’orologio! Oh! Non ti fai proprio mancare nulla, perfino un portaliquori in camera, perché ti vuoi bene, vivi in mezzo agli agi, hai un castello, fattorie, boschi! Partecipi alle cacce alla volpe, te ne vai a Parigi! Eh! Anche se non si trattasse d’altro che di questo,» gridò, prendendo sul caminetto i gemelli dei polsini «anche solo da queste cianfrusaglie, si potrebbe ricavare del denaro!… Oh! Non le voglio! Tientele.»

E scagliò lontano i gemelli, contro la parete, ove la catenella d’oro si ruppe nell’urto.
«Io ti avrei dato tutto, avrei venduto tutto, avrei lavorato con le mie stesse mani, avrei chiesto l’elemosina su tutte le strade, per un sorriso, per uno sguardo, per sentirmi dire ‘grazie’ da te. E tu, te ne stai lì tranquillamente, seduto in poltrona, come se già non mi avessi fatto soffrire abbastanza. Senza di te, lo sai bene, avrei potuto vivere felice! Chi ti ha costretto? Avevi fatto una scommessa? Ma tu mi amavi, dicevi… E anche adesso, ancora… Sarebbe stato meglio che tu mi avessi scacciata! Ho le mani calde dei tuoi baci, ecco qui il punto del tappeto ove tu giuravi, in ginocchio davanti a me, un eterno amore. Tu mi ci hai fatto credere, mi hai trascinata per due anni nei sogni più sublimi e soavi!… Vero? I progetti per il nostro viaggio, ricordi? Oh! la tua lettera, la tua lettera! Mi ha straziato il cuore! E poi, quando torno da lui, lui che è ricco, felice, libero, per implorare un aiuto che il primo venuto mi darebbe, supplicandolo, donandogli tutta la mia tenerezza, mi respinge, perché questo gli costerebbe tremila franchi!»

«Non li ho!» rispose Rodolphe con quella perfetta calma che riveste come una corazza la collera rassegnata…

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La trasposizione cinematografica di V. Minnelli:

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Continua…

 
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Pubblicato da su 31 ottobre 2009 in Cinema, Letteratura

 

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Madame Bovary di Gustave Flaubert sul grande schermo (Vincente Minnelli, 1949) (4)

Madame Bovary – V. Minnelli (1949)

Apple still life – G. Courbet

Il testo di Flaubert (IIème partie, ch. VIII):

Cependant Rodolphe, avec madame Bovary, était monté au premier étage de la mairie, dans la salle des délibérations, et, comme elle était vide, il avait déclaré que l’on y serait bien pour jouir du spectacle plus à son aise. Il prit trois tabourets autour de la table ovale, sous le buste du monarque, et, les ayant approchés de l’une des fenêtres, ils s’assirent l’un près de l’autre.

Il y eut une agitation sur l’estrade, de longs chuchotements, des pourparlers. Enfin, M. le Conseiller se leva. On savait maintenant qu’il s’appelait Lieuvain, et l’on se répétait son nom de l’un à l’autre, dans la foule. Quand il eut donc collationné quelques feuilles et appliqué dessus son œil pour y mieux voir, il commença :

« Messieurs,

Qu’il me soit permis d’abord (avant de vous entretenir de l’objet de cette réunion d’aujourd’hui, et ce sentiment, j’en suis sûr, sera partagé par vous tous), qu’il me soit permis, dis-je de rendre justice à l’administration supérieure, au gouvernement, au monarque, messieurs, à notre souverain, à ce roi bien-aimé à qui aucune branche de la prospérité publique ou particulière n’est indifférente, et qui dirige à la fois d’une main si ferme et si sage le char de l’État parmi les périls incessants d’une mer orageuse, sachant d’ailleurs faire respecter la paix comme la guerre, l’industrie, le commerce, l’agriculture et les beaux-arts. »

– Je devrais, dit Rodolphe, me reculer un peu…

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Vita dei fiori - G. Courbet

Vita dei fiori – G. Courbet

Nel frattempo, Rodolphe, con la signora Bovary, era salito al primo piano del municipio, nel salone del consiglio, e trovandolo deserto, aveva dichiarato che vi si sarebbero trovati benissimo per godersi lo spettacolo con tutto comodo. Prese tre degli sgabelli situati intorno alla tavola ovale, sotto il busto del re, e, dopo che li ebbe avvicinati a una finestra, sedettero uno vicino all’altra.

Vi fu un gran movimento sulla tribuna, lunghi conciliaboli e sussurri. Infine si alzò il signor consigliere. Nel frattempo si era venuti a sapere che si chiamava Lieuvain e il nome veniva ripetuto da questo a quello fra la folla. Il consigliere, appena ebbe riordinato alcuni fogli, li avvicinò agli occhi per vedere meglio e cominciò:

«Signori, mi sia anzitutto concesso (prima di intrattenermi sull’argomento della riunione d’oggi, e il sentimento che voglio esternare sono certo sarà condiviso da tutti voi), mi sia concesso dicevo, di rendere omaggio alla superiore amministrazione, al governo, al re, signori, al nostro sovrano, a questo monarca tanto amato, al quale nessun aspetto o particolare della pubblica prosperità è indifferente, e che regge con una così salda e saggia mano il carro dello Stato in mezzo ai continui pericoli di un mare tempestoso, con la capacità, d’altronde, di far rispettare sia la pace sia la guerra, l’industria, il commercio, l’agricoltura, e le belle arti».

«Dovrei spostarmi un po’ più indietro» disse Rodolphe.
«Perché?» domandò Emma
Ma in quel momento la voce del consigliere crebbe straordinariamente di intensità, declamando:

«Non è più il tempo, signori, in cui la discordia civile insanguinava tutte le pubbliche piazze, in cui il possidente, il negoziante, l’operaio stesso, addormentandosi di un sonno tranquillo, tremava al pensiero di poter essere svegliato dall’improvviso suono delle campane a martello che avvertivano della presenza di un incendio, in cui le massime più sovversive minavano apertamente le basi…»

«Il fatto è che potrebbero vedermi dal basso» continuò Rodolphe «e sarei costretto a passare almeno quindici giorni a scusarmi; inoltre, con la cattiva reputazione di cui godo…»
«Oh! Lei si calunnia» disse Emma
«No, no, è proprio pessima, glielo assicuro.»

«Ma, signori,» continuò il consigliere «se allontano dalla mia immaginazione queste fosche visioni e volgo lo sguardo sull’attuale situazione della nostra bella patria, che cosa vedo? Ovunque fioriscono i commerci e le arti, ovunque nuove vie di comunicazione, simili ad altrettante arterie vitali nel corpo dello Stato vi stabiliscono rinnovati rapporti; i maggiori centri manifatturieri hanno ripreso la loro attività, la religione, rinsaldata nei suoi principi, sorride a tutti i cuori, i porti sono gremiti, la fiducia rinasce e, alfine, la Francia respira!…»

«Del resto,» soggiunse Rodolphe «forse, dal punto di vista della pubblica opinione, non hanno nemmeno torto.»
«Come può essere?» domandò Emma.
«Ma si,» disse lui «non sa che esistono anime le quali soffrono senza sosta? A esse sono necessari, alternativamente, il sogno e l’azione, le passioni più pure e i piaceri più travolgenti, e di conseguenza si gettano in ogni sorta di capriccio, di follia.»
Emma lo guardò, allora, come si guarda un viaggiatore che abbia attraversato paesi fantastici e osservò: «Noi, povere donne, non possiamo permetterci simili distrazioni!»
«Distrazioni ben tristi, poiché in esse non v’è felicità.»
«Ma esiste la felicità in qualcos’altro?»
«Certo, si può incontrarla un giorno, nella vita.»

«Ed è questo che voi avete compreso» diceva il consigliere. [...]

«Un giorno la si incontra,» ripeté Rodolphe «un bel giorno, all’improvviso, e proprio quando ormai si dispera. Allora si schiudono nuovi orizzonti, ed è come se una voce gridasse: “Eccola!” Si sente il bisogno di confidare a questa persona tutta la propria vita, di donarle tutto, di sacrificarle tutto. Non sono necessarie spiegazioni: la si riconosce subito. La si intravede nei propri sogni» (e intanto la guardò). «E finalmente, eccolo il tesoro tanto atteso, davanti a noi, che brilla e risplende. Eppure, ancora non ci si sente sicuri, non si ha il coraggio di credervi, si resta abbagliati, come chi esca dalle tenebre alla luce.»
E Rodolphe sottolineò questa frase con una mimica adeguata. Si passò la mano sul viso, quasi si sentisse stordito, poi la lasciò cadere su quella di Emma, che la ritrasse…

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La trasposizione cinematografica di V. Minnelli:

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Pubblicato da su 30 ottobre 2009 in Cinema, Letteratura

 

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Madame Bovary di Gustave Flaubert sul grande schermo (Vincente Minnelli, 1949) (3)

Madame Bovary – Vincente Minnelli (1949)

Flower still life at a stone bank - G. Courbet

Flower still life at a stone bank – G. Courbet

Il testo di Flaubert (Ière partie, ch. VIII):

On entendit une ritournelle de violon et les sons d’un cor. Elle descendit l’escalier, se retenant de courir.

Les quadrilles étaient commencés. Il arrivait du monde. On se poussait. Elle se plaça près de la porte, sur une banquette.

Quand la contredanse fut finie, le parquet resta libre pour les groupes d’hommes causant debout et les domestiques en livrée qui apportaient de grands plateaux. Sur la ligne des femmes assises, les éventails peints s’agitaient, les bouquets cachaient à demi le sourire des visages, et les flacons à bouchon d’or tournaient dans des mains entrouvertes dont les gants blancs marquaient la forme des ongles et serraient la chair au poignet. Les garnitures de dentelles, les broches de diamants, les bracelets à médaillon frissonnaient aux corsages, scintillaient aux poitrines, bruissaient sur les bras nus. Les chevelures, bien collées sur les fronts et tordues à la nuque, avaient, en couronnes, en grappes ou en rameaux, des myosotis, du jasmin, des fleurs de grenadier, des épis ou des bleuets. Pacifiques à leurs places, des mères à figure renfrognée portaient des turbans rouges.

Le cœur d’Emma lui battit un peu lorsque, son cavalier la tenant par le bout des doigts, elle vint se mettre en ligne et attendit le coup d’archet pour partir. Mais bientôt l’émotion disparut…

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L’immensité – G. Courbet

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Un ritornello eseguito da un violino giunse fino a loro insieme con il suono di un corno. Emma discese lo scalone facendo uno sforzo per non correre.

Le danze erano cominciate con una quadriglia. Stava arrivando gente. C’era ressa. Ella sedette su una panchetta vicino alla porta.

Quando la contraddanza ebbe termine, il centro della sala rimase vuoto per i gruppi di uomini che chiacchieravano in piedi e per i domestici in livrea che giravano con grandi vassoi. Le signore, sedute in fila, agitavano i ventagli dipinti, nascondevano a metà i sorrisi dietro i loro bouquet e facevano circolare con gesti graziosi i flaconcini dal tappo d’oro fra le mani strette nei guanti bianchi che rivelavano la forma delle unghie e serravano i polsi. Le guarnizioni di pizzo fremevano sui corsetti, le spille di diamanti scintillavano sui petti, i braccialetti a ciondoli tintinnavano sulle braccia nude. Le pettinature aderenti sulla fronte e raccolte in chignon sulla nuca, erano ornate da coroncine, grappoli o ramoscelli di non ti scordar di me, di gelsomini, di fiori di melograno, spighe e fiordalisi. Tranquille, al proprio posto, madri dal viso arcigno sfoggiavano turbanti rossi.

Emma aveva un po’ di batticuore quando, mentre il suo cavaliere la teneva per la punta delle dita, si allineò con gli altri in attesa del colpo di archetto che dava inizio alla danza. Ben presto l’emozione svanì. Ondeggiando al ritmo dell’orchestra scivolò in avanti movendo lievemente il capo. Mentre ascoltava i virtuosismi del violino che di tanto in tanto sonava un a solo quando gli altri strumenti tacevano, un sorriso le salì alle labbra; in questi istanti era possibile udire il suono prodotto dai luigi d’oro che si rovesciavano sul tappeto verde della vicina sala da gioco. Poi, con uno squillo sonoro della cornetta, tutta l’orchestra riprendeva a suonare. I piedi segnavano ancora una volta il ritmo, le gonne si gonfiavano e frusciavano, le mani si stringevano e si lasciavano, gli occhi, che un momento prima si erano abbassati, si rialzavano e fissavano altri occhi.

Alcuni uomini, una quindicina, di un’età che andava dai venticinque ai quarant’anni, sparsi fra i cavalieri o fra coloro che chiacchieravano sulla soglia delle porte, si facevano notare nella folla, per una certa qual aria di famiglia, evidente a prescindere dall’età, dall’abbigliamento o dalla fisionomia.

Gli abiti di queste persone, di ottimo taglio, sembravano fatti di un panno più morbido; i capelli, ondulati sulle tempie, trattati con lozioni più fini. Avevano il colorito della ricchezza, quella carnagione bianca che prende risalto dal colore delle porcellane, dalla lucentezza delle sete, dalle vernici dei mobili di pregio, e che si mantiene tale attraverso un regime moderato, ma fatto di cibi squisiti. Le cravatte basse indossate da queste persone consentivano loro di muovere il capo a proprio agio. I lunghi favoriti ricadevano su colletti rovesciati e questi gentiluomini solevano asciugarsi le labbra usando fazzoletti ricamati con grandi cifre e profumati con essenze soavi. Quelli di loro che cominciavano a invecchiare mantenevano un aspetto giovanile, mentre un’aria matura traspariva dalle fattezze dei giovani. Nei loro sguardi indifferenti aleggiava la tranquillità delle passioni sempre soddisfatte, e attraverso le maniere piacevoli traspariva quella particolare durezza che deriva dal dominio delle cose non del tutto facili, in cui la forza si esercita o la vanità si diverte: la doma dei cavalli di razza o l’amicizia delle donne perdute [...]

L’aria nella sala da ballo era divenuta greve; la luce dei lampadari si affievoliva. Molti invitati andavano ad affollare la sala del biliardo. Un domestico salì su una sedia e ruppe due vetri; il rumore del cristallo in frantumi fece volgere il capo alla signora Bovary che vide, attraverso le vetrate, i volti curiosi dei contadini. Questo le ricordò i Bertaux. Rivide la fattoria, lo stagno melmoso, suo padre con il camiciotto nel frutteto, e lei stessa nell’atto di scremare, come faceva un tempo, con un dito, le ciotole di latte nella latteria. Ma nello sfolgorio dell’attuale realtà, la vita di un tempo, così nitida nel ricordo fino a un attimo prima, si dissolveva senza lasciar tracce, tanto da farle dubitare di averla davvero vissuta. Era qui: oltre i confini della sala da ballo non esistevano che le tenebre, avvolgenti tutto il resto. Stava gustando un gelato al maraschino; lo reggeva con la mano sinistra in una conchiglia dorata e lo assaporava con gli occhi socchiusi…

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La trasposizione cinematografica di V. Minnelli:

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Pubblicato da su 29 ottobre 2009 in Cinema, Letteratura

 

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Madame Bovary di Gustave Flaubert sul grande schermo (Vincente Minnelli, 1949) (2)

Madame Bovary – Vincente Minnelli (1949)

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Il testo di Flaubert (Ière partie, ch. IX):


Tous les jours, à la même heure, le maître d’école, en bonnet de soie noire, ouvrait les auvents de sa maison, et le garde-champêtre passait, portant son sabre sur sa blouse. Soir et matin, les chevaux de la poste, trois par trois, traversaient la rue pour aller boire à la mare. De temps à autre, la porte d’un cabaret faisait tinter sa sonnette, et, quand il y avait du vent ; l’on entendait grincer sur leurs deux tringles les petites cuvettes en cuivre du perruquier, qui servaient d’enseigne à sa boutique. Elle avait pour décoration une vieille gravure de modes collée contre un carreau et un buste de femme en cire, dont les cheveux étaient jaunes. Lui aussi, le perruquier, il se lamentait de sa vocation arrêtée, de son avenir perdu, et, rêvant quelque boutique dans une grande. ville, comme à Rouen par exemple, sur le port, près du théâtre, il restait toute la journée à se promener en long, depuis la mairie jusqu’à l’église, sombre, et attendant la clientèle. Lorsque madame Bovary levait les yeux, elle le voyait toujours là, comme une sentinelle en faction, avec son bonnet grec sur l’oreille et sa veste de lasting [...]

Mais c’était surtout aux heures des repas qu’elle n’en pouvait plus, dans cette petite salle au rez-de-chaussée, avec le poêle qui fumait, la porte qui criait, les murs qui suintaient, les pavés humides ; toute l’amertume de l’existence, lui semblait servie sur son assiette, et, à la fumée du bouilli, il montait du fond de son âme comme d’autres bouffées d’affadissement. Charles était long à manger ; elle grignotait quelques noisettes, ou bien, appuyée du coude, s’amusait, avec la pointe de son couteau, à faire des raies sur la toile cirée…

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Apples-Pears-and-Grapes – Gustave Courbet

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Tutti i giorni alla stessa ora il maestro di scuola, la berretta nera di seta sul capo, apriva le imposte di casa sua e la guardia campestre passava con la sciabola sul camiciotto. La sera e la mattina, i cavalli della posta, a tre a tre, attraversavano la strada per andare a bere al fontanile. Di tanto in tanto la campanella della porta di un’osteria tintinnava e quando c’era vento si sentiva cigolare sui ganci che lo reggevano il catino d’ottone che serviva da insegna alla bottega del barbiere. Questa bottega era decorata da una vecchia illustrazione di un giornale di moda incollata contro un vetro e da una testa femminile di cera dai capelli gialli. Anche il parrucchiere si lamentava della sua vocazione soffocata, del suo avvenire rovinato, e sognava una bottega in qualche grande città, come Rouen, per esempio, sul porto, vicino al teatro, e intanto passeggiava su e giù tutto il giorno, fra la chiesa e il municipio, imbronciato e in attesa di clientela. Quando la signora Bovary alzava gli occhi, lo vedeva sempre là, come una sentinella, di guardia con la papalina di traverso e una giacca di raso.

Nel pomeriggio, talvolta, dietro i vetri della sala, nella via, compariva una testa d’uomo, dai favoriti neri e dal volto abbronzato, sul quale si stendeva lentamente un largo sorriso dolce che scopriva i denti bianchi. Subito si facevano sentire le note di un valzer e sopra l’organino, in una minuscola sala da ballo, ballerini alti un dito, dame in turbante rosa, tirolesi in giacchettino, scimmie in marsina nera, cavalieri in pantaloni a coscia giravano e giravano fra le poltrone, i divani, le mensole, moltiplicandosi nei pezzetti di specchio tenuti insieme da una carta d’oro. L’uomo girava la manovella guardando a destra e a sinistra e verso le finestre. Di tanto in tanto lanciava contro un paracarro un lungo getto di saliva scura e appoggiava su un ginocchio il suo strumento, la cui cinghia dura gli stancava la spalla; ora triste e lenta, ora gioiosa e veloce, la musica dell’organino si diffondeva attraverso una tendina di taffetà rosa o una grata di ottone ad arabeschi. Erano motivi in voga nei teatri, motivi che venivano cantati nei saloni, che accompagnavano, la sera, le danze sotto i lampadari splendenti, echi del mondo dai quali Emma veniva raggiunta. E allora sarabande senza fine si srotolavano nella sua mente: come una baiadera su un tappeto a fiori il suo pensiero saltellava con le note, ondeggiava di sogno in sogno, di malinconia in malinconia. L’uomo, dopo aver ricevuto l’elemosina che gli veniva gettata nel berretto, copriva l’organino con una vecchia coperta turchina, se lo passava sulla schiena e si allontanava con passo pesante. Emma lo guardava andar via.

Soprattutto all’ora dei pasti sentiva di non poterne più: in quella stanzetta al pianterreno, dove la stufa faceva fumo, la porta cigolava, i muri trasudavano e i pavimenti erano sempre umidi, le sembrava che tutta l’amarezza della sua esistenza le venisse servita nel piatto e, come il fumo del bollito, salivano dal fondo dell’anima sua altrettante zaffate di tedio insulso. Charles mangiava con lentezza, Emma sgranocchiava qualche nocciolina o si divertiva, appoggiata a un gomito, a disegnare linee con la punta del coltello, sulla tela cerata…

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La trasposizione cinematografica di V. Minnelli:
(N.B.: nel film di Minnelli la “scena”, liberamente ispirata al capitolo IX della prima parte di Madame Bovary , si svolge a Yonville e non a Tostes, come nel testo di Flaubert, e precede, contrariamente a ciò che succede nel romanzo, il ballo alla Vaubyessard)

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Toujours Rouen - Phil. Lebaillif

Toujours Rouen – Phil. Lebaillif

Rouen typique.2 - Phil. Lebaillif

Rouen typique.2 – Phil. Lebaillif (zphoto.fr)

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Pubblicato da su 28 ottobre 2009 in Cinema, Letteratura

 

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Letteratura e cinema: Madame Bovary di Gustave Flaubert sul grande schermo (Vincente Minnelli, 1949) (1)

Madame Bovary – Vincente Minnelli (1949)

Madame Bovary - V. Minnelli

Il testo di Flaubert (Ière partie – Chap. VI):

Loin de s’ennuyer au couvent les premiers temps, elle se plut dans la société des bonnes sœurs, qui, pour l’amuser, la conduisaient dans la chapelle, où l’on pénétrait du réfectoire par un long corridor. Elle jouait fort peu durant les récréations, comprenait bien le catéchisme, et c’est elle qui répondait toujours à M. le vicaire dans les questions difficiles. Vivant donc sans jamais sortir de la tiède atmosphère des classes et parmi ces femmes au teint blanc portant des chapelets à croix de cuivre, elle s’assoupit doucement à la langueur mystique qui s’exhale des parfums de l’autel, de la fraîcheur des bénitiers et du rayonnement des cierges. Au lieu de suivre la messe, elle regardait dans son livre les vignettes pieuses bordées d’azur, et elle aimait la brebis malade, le Sacré-Cœur percé de flèches aiguës, ou le pauvre Jésus, qui tombe en marchant sur sa croix. Elle essaya, par mortification, de rester tout un jour sans manger. Elle cherchait dans sa tête quelque vœu à accomplir.

Quand elle allait à confesse, elle inventait de petits péchés afin de rester là plus longtemps, à genoux dans l’ombre, les mains jointes, le visage à la grille sous le chuchotement du prêtre. Les comparaisons de fiancé, d’époux, d’amant céleste et de mariage éternel qui reviennent dans les sermons lui soulevaient au fond de l’âme des douceurs inattendues…

Gustave-Flaubert2

Gustave Flaubert

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I primi tempi, in collegio, non si annoiò affatto; le piaceva la compagnia delle buone suore che, per divertirla, la conducevano nella cappella alla quale si accedeva dal refettorio per mezzo di un lungo corridoio. Giocava pochissimo durante la ricreazione, imparava bene il catechismo ed era sempre lei a rispondere a Monsignor Vicario nelle domande difficili. Vivendo senza mai uscire, nella tiepida atmosfera della scuola, in mezzo a queste donne smunte, con i loro rosari dalla croce di ottone, ella si assopì pian piano nel languore mistico che esala dai profumi dell’altare, dalla frescura delle acquasantiere e dal baluginio dei ceri. Invece di seguire la messa, guardava nel libriccino le pie vignette bordate d’azzurro; le piacevano la pecorella ammalata, il Sacro Cuore trafitto da frecce appuntite e il povero Gesù che cade portando la croce. Provò a stare un giorno intero senza mangiare per fare penitenza e studiava dentro di sé qualche voto da compiere.

Quando andava a confessarsi, si accusava di piccoli peccati non commessi per poter rimanere più a lungo inginocchiata nell’ombra, con le mani giunte e il viso contro la grata, ascoltando i bisbigli del prete. Le parole fidanzato, sposo, amante celeste e matrimonio eterno, che ricorrono così spesso come paragoni nelle prediche, suscitavano nel fondo del suo cuore dolcezze inattese.

La sera, prima delle preghiere, aveva luogo nella sala di studio una lettura religiosa. Durante la settimana si leggevano sommari di storia sacra o le Conferenze dell’abate Frayssinous; e la domenica, per ricrearsi, qualche passo del Genio del Cristianesimo. Con quanta intensità ascoltò, le prime volte, la lamentazione sonora di quelle malinconie romantiche, reiteranti tutti gli echi della terra e dell’eternità! Se la sua infanzia fosse trascorsa nella retrobottega di un quartiere commerciale cittadino, avrebbe potuto entusiasmarsi per i travolgimenti lirici della natura che giungono a chi vive in città soltanto attraverso l’interpretazione degli scrittori. Ma ella conosceva anche troppo la campagna, i belati degli armenti, i prodotti del latte, gli aratri. Abituata alla tranquillità, desiderava per contrasto tutto ciò che era movimentato. Amava il mare soltanto per le sue tempeste, e la vegetazione solamente se cresceva a stento e rada in mezzo alle rovine. Era necessario per lei trarre dalle cose una specie di utile personale e respingeva come superfluo tutto ciò che non appagasse la brama immediata del cuore. Era più una sentimentale che un’artista, cercava emozioni più che paesaggi.

Ogni mese veniva al convento, per otto giorni, una vecchia zitella ad accomodare la biancheria. Protetta dall’arcivescovo perché appartenente a un’antica famiglia nobile rovinata dalla rivoluzione, mangiava nel refettorio alla tavola delle suore e rimaneva con loro dopo il pasto a fare quattro chiacchiere prima di riprendere il lavoro. Spesso le educande scappavano dalla sala di studio per andare da lei. Conosceva a memoria certe canzoni galanti del secolo passato e le cantava a mezza voce mentre cuciva. Raccontava storie e novità, faceva commissioni in città a chi ne aveva bisogno, e prestava di nascosto alle ragazze più grandi certi romanzi che teneva sempre in tasca del grembiule, e dei quali divorava anche lei lunghi capitoli negli intervalli del suo lavoro. Non parlavano che di amore, di amanti e di innamorate, dame perseguitate che scomparivano in padiglioni fuori mano, postiglioni uccisi a ogni tappa, cavalli sfiancati in tutte le pagine, foreste tenebrose, cuori in tormento, giuramenti, singhiozzi, lacrime e baci, barche al chiaro di luna, usignoli nei boschetti, cavalieri coraggiosi come leoni, mansueti come agnelli, e virtuosi come nessuno, sempre ben vestiti e malinconici come sepolcri. Per sei mesi di fila, a quindici anni, Emma si imbrattò le mani con questa polvere di vecchie sale di lettura. Leggendo Walter Scott si appassionò più tardi ai soggetti storici, sognò forzieri, corpi di guardia, e menestrelli. Le sarebbe piaciuto vivere in qualche vecchio maniero, come quelle castellane dai lunghi corsetti, che passavano i giorni affacciate a una finestra a trifora, con i gomiti sulla pietra e il mento fra le mani, per veder giungere dal limite della campagna un cavaliere biancopiumato galoppante su un cavallo nero. In quel periodo si diede al culto di Maria Stuarda e, con una venerazione entusiasta, di tutte le donne illustri o sfortunate. Giovanna d’Arco, Héloïse, Agnès Sorel, la bella Ferronière e Clémence Isaure rifulgevano come comete contro la tenebrosa immensità della storia, ove spiccavano ancora qua e là, ma con assai minor rilievo, e senza alcun rapporto fra loro, San Luigi con la quercia, Baiardo morente, qualche crudeltà di Luigi XI, qualche notizia sulla notte di San Bartolomeo, il pennacchio del Bearnese, e, sempre vivo, il ricordo dei piatti dipinti che esaltavano Luigi XIV.

Le canzoni che Emma cantava alle lezioni di musica parlavano soltanto di angioletti con le ali d’oro, di madonne, di lagune, di gondolieri; tranquille composizioni che le lasciavano intravedere, attraverso l’ingenuità dello stile e l’audacia della musica, la seducente fantasmagoria delle realtà sentimentali. Alcune delle compagne portavano in convento gli album dei ricordi ricevuti in dono. Bisognava tenerli nascosti e non era cosa da poco; li sfogliavano in dormitorio. Emma maneggiava con delicatezza le belle rilegature di raso e fissava con uno sguardo affascinato i nomi degli autori sconosciuti — spesso conti o visconti — che avevano firmato le loro composizioni…
(trad, it. Bruno Oddera, Milano, Fabbri, 1968)

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La trasposizione cinematografica di Vincente Minnelli:

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Madame Bovary (1949) Director: Vincente Minnelli
Cast: Jennifer Jones … Emma Bovary; James Mason … Gustave Flaubert; Van Heflin … Charles Bovary; Louis Jourdan … Rodolphe Boulanger

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Jennifer Jones

Plot Synopsis

MGM circumvented the censorship that would otherwise have prevented a film version of Gustave Flaubert’s Madame Bovary by adding a prologue and epilogue that assured any and all bluenoses that the story was strictly a work of fiction. James Mason appears as Flaubert, defending his inflammatory novel before a French jury. Thus, the tragedy of Emma Bovary (Jennifer Jones) is offered as a product of Flaubert’s imagination, rather than a real-life story. The body of the film concerns Emma’s attempt to escape the boredom of her bourgeois existence by marrying a wealthy doctor (Van Heflin). She finds life with the physician even more tiresome than her previous experiences, thus begins taking a series of wealthy lovers-all of whom prove to be two-dimensional cads. Unable to tolerate a lifetime of dead-end affairs, Emma eventually commits suicide. The best sequence-indeed, one of the finest set pieces ever directed by Vincente Minnelli-is the “Emma Bovary Waltz” sequence, a dazzling experience in dizzying camera movements. by Hal Erickson (allmovie.com)

Continua…

 
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Pubblicato da su 27 ottobre 2009 in Cinema, Letteratura

 

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